Que fait un prix Nobel quand il s’intéresse à la pédagogie ?

Pratique_d'une_saignée« Une bonne saignée, et ça ira mieux ! », disaient les plus brillants esprits scientifiques et médicaux du monde entier pendant quelques deux millénaires. Et comme « On-A-Toujours-Fait-Comme-Ça », pourquoi changer ? Peut-être car c’est totalement inefficace ?

Cela semble tellement loin, et chacun de nous derrière son écran se sent immunisé contre ce type de raisonnement ou biais cognitif. Si nous suivons la démarche de Carl Wieman, prix Nobel de physique en 2001,  les cours magistraux (lectures dans la langue de Shakespeare), sont l’équivalent pédagogique de la saignée : on a toujours fait comme ça, et cela marche…dans certains cas. Parfaitement décrit dans un article publié sur le site NPR, relayé par le brillant neuroscientifique Renaud La Joie, nous reprenons les principaux éléments ici pour le lecteur francophone.

Le Professeur Wieman fait des cours magistraux old school, où il déverse son savoir sur les étudiants (On-A-Toujours-Fait-Comme-Ça). En testant les étudiants à la fin grâce aux  boîtiers de réponse de son université pour faire des tests 20 minutes après la présentation des notions, il constate un taux de réponse correct de 10%…soit 9 étudiants sur 10 qui n’imprimaient rien (ce calcul a été fait de tête) ! Comme Carl est un scientifique sérieux, quand quelque chose ne marche pas, il cherche mieux. Et découvre la pédagogie active, pas comme une recette ou une croyance miraculeuse, mais en se basant sur des articles scientifiques (ici et pour exemples).

Dès lors, après une rapide information théorique, Carl Wieman donne un problème à résoudre en petit groupe. Cela marche bien mieux (50% de réussite en plus au test). Il en arrive à dire que c’est contre l’éthique d’enseigner façon old school, en professeur magistral qui déverse sa connaissance sur des étudiants passifs.

Plus qu’un problème de budget (les formations ne sont pas parmi les plus onéreuses) ou la volonté de nombre d’enseignants d’améliorer leur pratique, c’est un problème d’habitude pour sortir du paradigme prof qui parle / étudiants qui écoutent. Et d’ignorance des méthodes efficaces. Depuis le réveil de Carl Wieman (prix Nobel), l’Université de Stanford (une des plus prestigieuses au monde), a introduit la pédagogie active dans des cours de mathématiques et de physique (disciplines sérieuses s’il en est). Pour répondre à la question initiale, on dira : il trouve des solutions efficaces et les applique. Et arrête les saignées.

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Ce site permet de diffuser et échanger autour de la pédagogie, la psychologie et IMPROFPSY logol’improvisation. Des domaines qui peuvent sembler différents au premier abord, mais en réalité  fortement complémentaires et imbriqués les uns dans les autres.

Le ton est parfois léger, le second degré souvent employé et les sources toujours citées car sérieux, plaisir et efficacité ne sont pas incompatibles, bien au contraire.

 

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