Bonne résolution 2017 : de l’entretien

C’est la saison des voeux et des (bonnes) résolutions.

Pour bien commencer, un premier billet qui inaugurera, je l’espère, une année plus riche sur ce blog.

Avec pour ce premier article de 2017, un lien vers le blog ImproEtc, par Hugh Tebby, qui nous nettoie les neurones en échangeant avec différents improvisateurs dans ces podcasts au parfait timing (1h environ). Cela a accompagné plusieurs trajets cette année, et les rend parfois plus courts, mais toujours plus agréables.

Il est évidemment question d’improvisation, par des professionnels aux parcours divers, et très souvent de pédagogie, sur la façon de transmettre, la dynamique de groupe, la passion, l’engagement citoyen.

Bref, un blog à ajouter à vos favoris, et un podcast à s’écouter ou réécouter.

S’il faut en recommander un tout de suite, ce serait celui où les rôles sont inversés, et au c’est Hugh Tebby lui-même qui se retrouve interviewé.

 

Comment apprendre efficacement ?

Le cerveau droit et le cerveau gauche, les styles d’apprentissage, la mémoire photographique…que de mythes sur l’apprentissage que nous entendons régulièrement chez les étudiants, et malheureusement chez certains enseignants. Le récent
succès médiatique de Céline Alvarez, qui cherche dans les neurosciences et la psychologie des guides pour mieux apprendre montre un certain intérêt pour le sujet.

Mais cet intérêt n’est pas franco-français, et certaines chercheuses et enseignants américaines ont développé un site qui explique aux principaux acteurs (enseignants, parents, apprenants de tous âges) comment apprendre efficacement. L’équipe de Learning Scientists a un formidable blog en anglais, et a récemment sorti 6 posters, à diffuser largement dans toutes les écoles, tous les collèges, lycées et dans les universités de France et de Navarre. J’ai participé à la traduction parce que c’est présenté simplement, qu’il s’agit stratégies vraiment efficace et que cette efficacité est accompagnée d’une source scientifique fiable à chaque fois. Tout ce qu’il faut pour une bonne vulgarisation.

Seule contrainte, ne pas utiliser le matériel dans un but commercial.

Pour télécharger tous les posters en un seul clic, c’est par ici. Et pour partager, c’est autant que vous voulez !

Quand vous l’afficherez dans l’établissement, n’oubliez pas d’envoyer la photo 🙂

 

french-six-strategies-for-effective-learning-posters-07-09-2016-page-001french-six-strategies-for-effective-learning-posters-07-09-2016-page-002french-six-strategies-for-effective-learning-posters-07-09-2016-page-003french-six-strategies-for-effective-learning-posters-07-09-2016-page-004french-six-strategies-for-effective-learning-posters-07-09-2016-page-005french-six-strategies-for-effective-learning-posters-07-09-2016-page-006

Que fait un prix Nobel quand il s’intéresse à la pédagogie ?

Pratique_d'une_saignée« Une bonne saignée, et ça ira mieux ! », disaient les plus brillants esprits scientifiques et médicaux du monde entier pendant quelques deux millénaires. Et comme « On-A-Toujours-Fait-Comme-Ça », pourquoi changer ? Peut-être car c’est totalement inefficace ?

Cela semble tellement loin, et chacun de nous derrière son écran se sent immunisé contre ce type de raisonnement ou biais cognitif. Si nous suivons la démarche de Carl Wieman, prix Nobel de physique en 2001,  les cours magistraux (lectures dans la langue de Shakespeare), sont l’équivalent pédagogique de la saignée : on a toujours fait comme ça, et cela marche…dans certains cas. Parfaitement décrit dans un article publié sur le site NPR, relayé par le brillant neuroscientifique Renaud La Joie, nous reprenons les principaux éléments ici pour le lecteur francophone.

Le Professeur Wieman fait des cours magistraux old school, où il déverse son savoir sur les étudiants (On-A-Toujours-Fait-Comme-Ça). En testant les étudiants à la fin grâce aux  boîtiers de réponse de son université pour faire des tests 20 minutes après la présentation des notions, il constate un taux de réponse correct de 10%…soit 9 étudiants sur 10 qui n’imprimaient rien (ce calcul a été fait de tête) ! Comme Carl est un scientifique sérieux, quand quelque chose ne marche pas, il cherche mieux. Et découvre la pédagogie active, pas comme une recette ou une croyance miraculeuse, mais en se basant sur des articles scientifiques (ici et pour exemples).

Dès lors, après une rapide information théorique, Carl Wieman donne un problème à résoudre en petit groupe. Cela marche bien mieux (50% de réussite en plus au test). Il en arrive à dire que c’est contre l’éthique d’enseigner façon old school, en professeur magistral qui déverse sa connaissance sur des étudiants passifs.

Plus qu’un problème de budget (les formations ne sont pas parmi les plus onéreuses) ou la volonté de nombre d’enseignants d’améliorer leur pratique, c’est un problème d’habitude pour sortir du paradigme prof qui parle / étudiants qui écoutent. Et d’ignorance des méthodes efficaces. Depuis le réveil de Carl Wieman (prix Nobel), l’Université de Stanford (une des plus prestigieuses au monde), a introduit la pédagogie active dans des cours de mathématiques et de physique (disciplines sérieuses s’il en est). Pour répondre à la question initiale, on dira : il trouve des solutions efficaces et les applique. Et arrête les saignées.